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Accueil » Projet 1 jeu à la loupe – Jour 4 | Spy Kid
troubles neurodéveloppementaux : de quoi parle t on ?
compréhension de consignes
Dans de nombreuses situations du quotidien, il ne suffit pas de regarder.
Il faut retenir, comparer, ne pas se précipiter, et parfois accepter de douter avant d’agir.
C’est précisément ce que met en scène Spy Kid.
Sous ses allures de jeu d’observation rapide, il confronte les joueurs à une difficulté bien connue :
garder une information active en mémoire… alors même qu’elle n’est plus visible.
Dans Spy Kid, l’observation est brève : quelques secondes seulement.
Puis la carte est retournée, et l’on doit retrouver l’élément nouveau, celui qui n’était pas là avant.
Très vite, on observe des profils différents :
ceux qui regardent beaucoup mais retiennent peu
ceux qui retiennent une impression globale, mais perdent les détails
ceux qui savent… mais doutent au moment de répondre
ceux qui répondent trop vite pour éviter l’incertitude
Le jeu met en lumière une distinction essentielle, souvent invisible à l’école :
voir n’est pas mémoriser.
Spy Kid sollicite une mémoire particulière :
la mémoire de travail (calepin visuo spatial), mobilisée sur un temps très court, sous pression.
C’est exactement ce qui est demandé dans de nombreuses situations réelles :
retenir une consigne donnée une seule fois
copier une information après l’avoir vue brièvement
se souvenir d’un élément du tableau une fois celui-ci effacé
garder une information en tête pendant qu’une autre arrive
Lorsque cette mémoire est fragilisée la vitesse ou le stress, les erreurs apparaissent, non pas manque de compréhension, mais perte d’information en cours de route.
Spy Kid confronte aussi les joueurs à une expérience inconfortable : le doute.
Après le retournement de la carte, l’hésitation est fréquente :
“Je crois que c’était là… mais je ne suis pas sûr.”
“Ça me paraît différent, mais je ne sais plus.”
Certains joueurs acceptent ce doute et prennent le temps de vérifier mentalement.
D’autres préfèrent répondre immédiatement, parfois au hasard, pour se débarrasser de l’incertitude.
On retrouve ici des comportements très proches de ceux observés :
lors de questions à l’oral
face à une évaluation
dans des situations où il faut répondre vite, sous le regard des autres
Spy Kid devient alors un support pour travailler une compétence clé :
tolérer le doute suffisamment longtemps pour décider plus justement.
Dans Spy Kid, l’erreur est immédiate et visible.
Mais elle est aussi fréquente, normale, attendue.
Certains joueurs l’acceptent facilement et ajustent leur manière d’observer.
D’autres se crispent, perdent confiance, ou se précipitent encore plus.
Ces réactions sont transférables à bien des contextes :
se tromper sur une consigne
oublier une information importante
répondre trop vite et regretter ensuite
Le jeu permet alors de poser une question centrale :
Que fais-je de l’erreur quand elle arrive vite et devant les autres ?
Spy Kid est un excellent point d’appui pour les apprentissages, parce qu’il :
rend visibles les limites de la mémoire immédiate
met en tension observation, mémoire et inhibition
permet de travailler la gestion du doute
crée un terrain sécurisé pour parler de stratégies de mémorisation
Il offre un cadre simple pour réfléchir à des situations très concrètes :
Comment je fais pour retenir quand je n’ai pas le droit de revoir ?
Qu’est-ce qui m’aide à me souvenir ?
À quel moment je me précipite ?
Comment je pourrais m’y prendre autrement ailleurs que dans le jeu ?
Après une partie de Spy Kid, le dialogue peut s’ouvrir sur :
les situations scolaires où il faut retenir rapidement
les moments où la mémoire “lâche” sous stress
les stratégies pour soutenir la mémorisation
la place du doute dans l’apprentissage
Le jeu devient alors bien plus qu’un jeu d’observation :
il devient un support de compréhension de son fonctionnement d’apprentissage.
👉 PROJET 1 JEU A LA LOUPE – JOUR 4/365 – SPY KID
Parce que parfois, ce n’est pas l’attention qui manque… mais le temps pour se souvenir.