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L'orthopédagogie en pratique
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Présomption de compétences
« Pars du principe que je peux… et tu verras que je progresse. »
🔒 Orthopédagogue / Pro
Observer
Déplacer le regard — du déficit supposé vers les conditions d'expression
🔭 La même situation — deux regards radicalement différents
❌ Regard déficit
« Qu'est-ce que cet apprenant ne sait pas faire ? Quelles sont ses lacunes ? Qu'est-ce qui lui manque ? »
→
✅ Regard compétence
« Qu'est-ce qui empêche cet apprenant de montrer ce qu'il sait faire ? Dans quelles conditions ses compétences s'expriment-elles ? »
La présomption de compétences ne nie pas la difficulté — elle en change l'interprétation. La difficulté n'est pas une preuve d'incapacité : c'est un signal que quelque chose dans la situation fait obstacle à l'expression de compétences qui existent.
Les 4 principes fondateurs
🌱
Toute performance non observable ≠ absence de compétence
Un apprenant peut comprendre sans pouvoir le montrer dans le format demandé. Ce qu'on ne voit pas n'est pas nécessairement absent. L'orthopédagogue cherche d'abord les conditions d'expression avant de conclure à une incapacité.
🔍
Les obstacles sont contextuels, pas intrinsèques
Une difficulté est toujours liée à une situation — cognitive, émotionnelle, environnementale, communicationnelle. Elle n'est pas une caractéristique permanente de la personne. Changer la situation peut révéler des compétences qui semblaient absentes.
📡
Les attentes influencent les progrès — l'effet Pygmalion
Les croyances de l'orthopédagogue sur les capacités de l'apprenant ont un impact réel sur son comportement, ses feedbacks et l'engagement de l'apprenant. Partir du principe que l'apprenant peut modifie réellement ce qui se passe en séance.
⚖️
Présumer ≠ baisser l'exigence
Présumer des compétences ne signifie pas tout accepter ou tout valider. C'est maintenir des attentes élevées et réalistes tout en ajustant les moyens d'expression — pas les standards — pour permettre à l'apprenant d'y accéder.
Évaluer
Le déplacement du regard — situations concrètes
Cliquer sur une situation pour voir comment le regard déficit et le regard compétence la lisent différemment — et quelle question d'exploration ça ouvre.
✏️
▾
L'apprenant ne répond pas aux questions écrites
Laisse ses feuilles vides, ne complète pas les exercices
❌ Regard déficit
« Il ne sait pas / ne veut pas répondre. Il ne maîtrise pas les notions. »
→ Quelles lacunes combler ?
✅ Regard compétence
« Qu'est-ce qui fait obstacle à l'expression écrite ici ? Difficulté graphomotrice ? Charge cognitive de la mise en mots ? Anxiété face à la trace écrite ? »
→ Si je lui pose la question à l'oral, que répond-il ?
Action : tester une modalité alternative
Proposer la même question à l'oral, dessin, dictée à l'adulte ou QCM. Si la réponse émerge dans une autre modalité, la compétence existe — c'est le format qui fait obstacle.
😶
▾
L'apprenant reste silencieux en séance
Ne prend pas la parole, répond monosyllabes, évite le contact visuel
❌ Regard déficit
« Il n'a rien à dire. Il n'est pas engagé. Il n'a pas compris. »
→ Comment le forcer à participer davantage ?
✅ Regard compétence
« Le silence peut signifier une surcharge de traitement, un état de vigilance élevée, un manque de sécurité dans la prise de risque verbal, ou un mode de communication différent. »
→ Dans quel contexte ce même apprenant s'exprime-t-il spontanément ?
Action : créer les conditions de l'expression
Réduire la pression de la réponse immédiate. Proposer un temps de réflexion, une modalité écrite, une réponse geste ou choix. Observer si le silence diminue quand la relation est plus établie.
🔀
▾
L'apprenant réussit en séance mais pas en classe
Progresse en accompagnement individuel, échecs répétés en contexte scolaire collectif
❌ Regard déficit
« Il dépend trop de l'adulte. Il ne transfère pas. Il ne fait pas d'efforts en classe. »
→ Comment le rendre moins dépendant ?
✅ Regard compétence
« La compétence existe — la preuve, elle s'exprime en séance. Ce qui fait défaut, ce sont les conditions de généralisation : surcharge, rythme, bruit, absence de guidance, pression sociale. »
→ Qu'est-ce qui est différent entre séance individuelle et classe ? Quels obstacles identifier et réduire ?
Action : construire le pont vers la généralisation
Identifier précisément ce qui diffère entre les contextes. Travailler la généralisation en réintroduisant progressivement les conditions de la classe — bruit, temps limité, groupe — dans les séances.
❌
▾
L'apprenant multiplie les erreurs sur un même exercice
Réponses incorrectes répétées, malgré des explications répétées
❌ Regard déficit
« Il n'a pas compris. Il n'écoute pas. Il n'a pas les bases nécessaires. »
→ Faut-il recommencer depuis le début ?
✅ Regard compétence
« L'erreur répétée peut être un indice de compréhension partielle, d'une représentation alternative cohérente pour lui, d'une surcharge à une étape précise, ou d'un obstacle dans le format. »
→ Quelle logique sous-tend cette erreur ? Qu'est-ce que ça révèle sur sa représentation de la tâche ?
Action : analyser la logique de l'erreur
Demander à l'apprenant d'expliquer son raisonnement à voix haute. L'erreur a souvent une logique interne. Comprendre cette logique oriente l'intervention plus précisément qu'une simple correction.
Générateur de questions d'exploration — pour déplacer son propre regard
🔬 Générateur de questions de présomption
Décrire la situation → Identifier l'obstacle → Explorer les questions
La situation observée
Quelle catégorie d'obstacle semble la plus probable ? (cocher)
🏫 Contextuel / environnemental
🧠 Cognitif / charge mentale
❤️ Émotionnel / motivationnel
💬 Communicationnel / expressif
👁️ Sensoriel / perceptif
🤝 Relationnel / confiance
Questions d'exploration — cliquer sur celles à tester en séance
Réagir
Checklist posturale — vérifier son propre regard
La présomption de compétences n'est pas un état — c'est une pratique active qui se vérifie et se réévalue. Cocher les points déjà intégrés dans sa pratique.
✅ Ma posture de présomption — état des lieux
Avant de conclure à une incapacité, je cherche ce qui empêche l'expression de la compétence
Je propose systématiquement une modalité d'expression alternative avant de renoncer
Je formule des attentes élevées et réalistes — je n'abaisse pas les standards, j'ajuste les moyens
Je valorise les réussites partielles et les compétences émergentes, pas seulement les performances complètes
Je teste les capacités avant de proposer des aides — je n'aide pas avant d'avoir vu ce que l'apprenant peut faire seul
J'analyse la logique des erreurs plutôt que de les corriger mécaniquement
Je m'interroge régulièrement : "Est-ce que ma lecture de la situation est fondée sur des faits ou sur mes attentes préalables ?"
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🔁 La question à se poser après chaque séance
« Est-ce que j'ai cherché ce que cet apprenant peut faire — ou ai-je cherché à confirmer ce qu'il ne peut pas faire ? »
🔭
La compétence que je vais chercher à révéler à la prochaine séance
Piège à éviter
Confondre présomption de compétences et absence d'exigence ! Présumer des compétences ne signifie pas tout accepter, tout valider ou éviter la correction. C'est maintenir des attentes réalistes et élevées tout en ajustant les moyens d'expression — pas les standards. La présomption est une posture de confiance, pas de complaisance.
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