Outil 2 · Études de cas — Manabi
OUTIL 2

Études de cas

4 commandes à analyser pour construire votre canevas d'atelier

À quoi servent ces études de cas ?

Ces 4 études de cas présentent des commandes réelles que peut recevoir un orthopédagogue. Elles sont la matière brute à partir de laquelle vous allez construire votre canevas Manabi au fil des 2 jours de formation.

Chaque cas contient tout ce dont vous avez besoin pour analyser la situation : le contexte, la commande telle qu'elle a été formulée, le profil des bénéficiaires, les contraintes, les attentes du commanditaire. Mais ni le mécanisme travaillé, ni la mise en action, ni l'outil à construire ne sont imposés — c'est à vous de les concevoir.

Les 4 cas couvrent un large spectre de publics orthopédagogiques. Ils ne sont pas exhaustifs, mais chacun est suffisamment documenté pour que vous puissiez :

  • Identifier le commanditaire, ses attentes formulées et latentes
  • Repérer les caractéristiques et contraintes des bénéficiaires
  • Choisir un mécanisme cognitif prioritaire à travailler
  • Formuler des objectifs opérationnels
  • Concevoir les 5 temps de l'atelier (mise en action, vulgarisation, auto-évaluation, outil, transfert)
  • Anticiper la posture, la différenciation, les dérapages
  • Prévoir l'évaluation double (bénéficiaires + commanditaire)
Important : Il n'y a pas DE bonne réponse. Deux binômes qui choisissent le même cas produiront deux canevas très différents — c'est normal, c'est même souhaitable. L'orthopédagogie est une pratique réflexive, pas l'application d'un protocole standard.
Cas A · Maternelle
Une école de réseau REP demande une intervention auprès d'enfants de Grande Section en difficulté de « comportement ».
Cas B · Collège
Un CPE de collège sollicite un atelier pour un groupe d'élèves de 4e en baisse d'investissement scolaire.
Cas C · Adultes
Un organisme de formation en reconversion pro demande un accompagnement collectif pour un groupe qui « décroche ».
Cas D · Seniors
Une résidence autonomie propose une série d'ateliers « mémoire » à ses résidents.
Attention à un piège fréquent : la commande vous arrive avec un vocabulaire parfois imprécis (« ces enfants n'écoutent pas », « ils perdent la mémoire », « elle a des troubles de l'attention »). Votre travail d'orthopédagogue commence requalifier la commande — ce que le commanditaire nomme « attention » peut en réalité relever de la mise en projet, de l'engagement, de la charge cognitive ou de la métacognition. Ne prenez jamais les mots du commanditaire pour argent comptant.

Cas A — École maternelle REP, Grande Section

Demande d'intervention collective sur des « problèmes de comportement »

École maternelle publique de 4 classes, située dans un quartier classé Réseau d'Éducation Prioritaire (REP). L'école accueille environ 110 enfants dont une large majorité de familles en situation socioéconomique précaire. L'équipe est jeune, la directrice est en poste depuis 3 ans, investie sur les questions pédagogiques.

L'école a déjà bénéficié d'interventions extérieures ponctuelles (psychologue scolaire, RASED, intervenant yoga). La directrice cherche à mettre en place un dispositif plus structurant cette année, sur les classes de Grande Section où les difficultés se cristallisent à l'approche du CP.

« On a cette année un groupe de 6 ou 7 enfants qui nous posent vraiment problème en classe. Ce sont des enfants qui n'écoutent rien, qui coupent la parole, qui bougent tout le temps, qui touchent à tout, qui tapent parfois les autres. L'enseignante de GS est vraiment à bout. Vu qu'on parle beaucoup en ce moment de fonctions exécutives, on a pensé à votre approche. On voudrait qu'on fasse quelque chose avec eux pour qu'ils apprennent à mieux se comporter, à attendre leur tour. On a un petit budget du REP, mais il faudrait que ça se fasse rapidement, avant février. »

— Directrice de l'école, premier entretien téléphonique
Structure
École maternelle publique REP
Référente opérationnelle
Directrice de l'école (50% décharge), également enseignante d'une classe de Petite Section
Qui paie
Budget REP + éventuellement coopérative scolaire. Montant annoncé : environ 800€ pour l'ensemble de l'intervention.
Qui décide
Directrice (en accord avec l'inspectrice de circonscription, déjà informée)
Relation avec l'intervenant
Premier contact. Recommandation une collègue orthopédagogue du secteur.

Le groupe identifié — 7 enfants

  • Leila, 5 ans — très agitée en groupe, difficultés à rester assise plus de 2 minutes. Deuxième enfant d'une fratrie de 4. Langue maternelle : arabe. Elle comprend bien le français mais parle peu en classe.
  • Yanis, 6 ans — impulsif, coupe systématiquement la parole. Se met en colère très rapidement si contrarié. Suivi une psychologue hors école.
  • Kimberley, 5 ans — vive, intelligente selon l'enseignante, mais « n'écoute rien ». Répète les consignes aux autres mais ne les applique pas elle-même.
  • Ibrahim, 5 ans et 11 mois — un des plus âgés. Tape régulièrement les autres en récréation. Comportement très différent en classe (plus retiré). Parents absents aux rendez-vous.
  • Emma, 5 ans — prend la parole sans y être invitée. A du mal à différer une envie. Très avancée sur les apprentissages scolaires (déchiffre déjà quelques mots).
  • Nolan, 6 ans — diagnostic de TDAH en cours chez un neuropédiatre. Traitement non encore mis en place. Très soutenu sa famille.
  • Lina, 5 ans — récente arrivante dans l'école (novembre). Non francophone à l'arrivée. Progresse vite mais intègre difficilement les codes collectifs.
Ce que l'enseignante de GS dit du groupe : « Individuellement, je les gère. C'est quand ils sont ensemble que ça explose. Dès qu'on est en regroupement, ou dès qu'il faut attendre son tour pour un atelier, ça dérape. Ils sont capables d'écouter une consigne, mais 30 secondes après ils l'ont oubliée. » (Observation directe à confirmer.)
Lieu
Salle de motricité de l'école (disponible lundi et jeudi matins). Tapis au sol, bancs, espace clair. Pas de table.
Effectif
7 enfants (selon la directrice, « peut-être plus si d'autres enseignantes veulent que vous en preniez »)
Temps disponible
Créneaux de 45 min sur temps scolaire OU 1h sur temps APC (périscolaire) — au choix
Période
De mi-janvier à début février (6 semaines max)
Matériel fourni
Feutres, papier, tableau à craie — « tout ce qui est dans l'école est à votre disposition ». Pas de budget matériel spécifique.
Accompagnement
L'enseignante de GS sera présente sur les séances en temps scolaire. Pas sur les séances APC.
Début janvier Premier entretien téléphonique avec la directrice
Mi-janvier Démarrage souhaité de l'intervention
Vacances de février Fin souhaitée — « un bilan avant les vacances de février, pour qu'on en parle en équipe »

La directrice a formulé ces attentes lors d'un deuxième échange :

  • « Des enfants qui arrivent à s'auto-réguler un peu plus »
  • « Quelque chose que l'enseignante de GS puisse reprendre en classe »
  • « Un retour à l'équipe en fin d'intervention, éventuellement aux parents »
  • « Éventuellement, étendre à d'autres enfants l'an prochain si ça marche »

Lors du deuxième échange, la directrice a ajouté (off) :

  • « Entre nous, l'enseignante de GS traverse une période difficile personnellement, c'est pour ça aussi qu'on essaie de la soulager un peu. »
  • « On a eu deux signalements pour Ibrahim cette année. Rien de confirmé, mais on est vigilants. »
  • « L'inspectrice nous a dit que si ça marche, on pourrait présenter ça dans un colloque de circonscription. »

Cas B — Collège, groupe de 4e en baisse d'investissement

Demande d'un CPE pour un atelier « de remobilisation »

Collège public semi-urbain de 650 élèves, situé dans une commune résidentielle mixte. Établissement sans classement REP mais avec une hétérogénéité sociale importante. L'équipe de vie scolaire est stable, la direction est en place depuis 2 ans.

Dans le cadre du dispositif « Devoirs faits » et du projet d'établissement axé sur la « persévérance scolaire », le CPE a obtenu un financement du conseil départemental pour une intervention ciblée sur un petit groupe d'élèves de 4e identifiés comme étant en voie de décrochage.

« On a repéré un groupe de 8 élèves de 4e qui sont en chute libre depuis la rentrée. Des élèves qui n'étaient pas en difficulté en 5e. Ils ne font plus leurs devoirs, ne révisent pas, disent qu'ils ne voient pas à quoi ça sert. On sent qu'ils décrochent sans décrocher vraiment — ils viennent au collège, mais ils ne sont plus là. Les profs principaux se tournent vers nous. On pense qu'il y a un problème d'attention ou de motivation. On aimerait un atelier sur 5 ou 6 séances, pas du soutien scolaire, quelque chose qui les aide à retrouver du sens. »

— CPE du collège, entretien en présentiel
Structure
Collège public
Référent opérationnel
Conseiller Principal d'Éducation (CPE), en poste depuis 5 ans dans l'établissement
Qui paie
Conseil départemental (dispositif « persévérance scolaire ») via convention établie avec l'établissement. Budget : 1 500€ TTC pour la série.
Qui décide
Principal du collège + CPE (en binôme). Validation également requise le conseil pédagogique pour les créneaux.
Relation avec l'intervenant
Contact un conseiller pédagogique de circonscription, qui a recommandé votre profil après une précédente intervention.

Le groupe identifié — 8 élèves de 4e (niveau hétérogène)

  • Mélissa, 13 ans — très bonne élève en 5e (moyenne 14). Ne rend plus ses devoirs depuis septembre. Dit que « ça ne sert à rien ». Parents cadres, séparés, garde alternée compliquée.
  • Enzo, 14 ans — redoublant. Moyennes entre 7 et 9. Présent physiquement mais absent mentalement d'après les profs. Passionné de jeux vidéo. Père très présent, mère dépassée.
  • Chloé, 13 ans — en surcharge émotionnelle manifeste. Pleure facilement. Perfectionniste. S'est « écroulée » après un 7/20 en maths en octobre. Suivie une psy en ville.
  • Rayan, 14 ans — ado qui « se cherche ». Entré en 4e avec enthousiasme, s'est mis en retrait après un conflit avec un prof en novembre. Très influençable le groupe.
  • Jade, 13 ans — élève discrète qui a toujours travaillé « comme on lui disait ». Dit ne plus savoir « pourquoi elle fait ça ». Aînée d'une fratrie de 3, parents attentifs.
  • Kevin, 14 ans — identifié TDAH en primaire, traitement arrêté à la demande des parents. Hyperactif, bavard, charmeur. Moyennes très irrégulières selon les matières.
  • Maya, 13 ans — arrivée en France en 6e (origine bulgare). Très bon niveau, mais plafonne depuis la rentrée. Forte pression familiale sur les résultats.
  • Thibault, 14 ans — classe sociale très favorisée. Brillant mais refuse l'effort. Parents dans le déni. « Je m'en fous de l'école, je bosserai dans l'entreprise de mon père. »
Ce que les profs principaux ont remonté au CPE : « Ce ne sont pas des élèves en échec scolaire dur. Ils sont intelligents, parfois brillants. Mais quelque chose s'est cassé. On ne sait pas quoi. »
Lieu
Salle polyvalente du CDI, configurable (tables modulables). Vidéoprojecteur, WiFi.
Effectif
8 élèves (possibilité de diviser en 2 groupes si nécessaire)
Temps disponible
Séances de 1h30 sur temps scolaire (1 demi-journée semaine banalisée)
Nombre de séances
5 séances, possible extension à 6 si pertinent
Période
Janvier à mars (avant les conseils de classe du 2e trimestre)
Matériel fourni
Papeterie, impressions. Pas de budget matériel spécifique mais « demandez ce qu'il vous faut ».
Présence adulte extérieur
Le CPE passera sur la première séance pour présenter l'intervenant. Pas de présence continue.
Fin novembre Premier contact CPE — intervenant
Début décembre Visite sur site, rencontre avec le Principal
Mi-janvier Démarrage souhaité, après la première semaine de rentrée
Fin mars Fin d'intervention — avant les conseils de classe du 2e trimestre (date couperet)
  • « Qu'ils reprennent pied »
  • « Qu'ils aient un ou deux outils concrets pour se remettre au travail »
  • « Un compte-rendu anonymisé aux profs principaux à mi-parcours et en fin »
  • « Si possible, un temps de restitution en réunion vie scolaire pour partager ce qui a fonctionné »
  • « On envisage de reconduire l'an prochain si ça donne quelque chose »
  • Le CPE a précisé qu'il existait des tensions dans l'équipe de direction sur le bien-fondé de ce type d'intervention (« on a des profs qui pensent que c'est aux parents de gérer »)
  • Chloé a été signalée en cellule de veille pour risque dépressif — suivi actif la psy scolaire
  • Thibault a eu plusieurs exclusions courtes cette année, une de plus serait éliminatoire pour le stage de 3e
  • Le CPE demande explicitement : « Pas de tests, pas d'évaluations standardisées. On ne veut pas ajouter un stigmate de plus à ces gamins. »

Cas C — Organisme de formation, reconversion professionnelle

Demande pour un groupe qui « décroche » en cours de formation longue

Organisme de formation privé certifié Qualiopi, spécialisé en reconversion professionnelle adulte (diplôme niveau 5, équivalent Bac+2). Formation sur 10 mois, à temps plein, en présentiel.

Promotion actuelle de 18 stagiaires démarrée en septembre. À l'approche du 3e mois, la coordinatrice pédagogique observe un essoufflement préoccupant : absentéisme qui monte, non-rendu des travaux, participation en baisse. Des stagiaires arrivent fatigués, démoralisés. Trois ont déjà verbalisé une intention d'abandon.

« On a un vrai problème avec cette promo. Ils étaient ultra-motivés en septembre. Aujourd'hui, on sent que ça bascule. Ils ne tiennent plus. Pour la plupart, c'est leur premier retour à la formation depuis des années, parfois des décennies. Ils ne savent plus s'organiser, ils travaillent tard le soir, ils s'épuisent. On a pensé à un atelier sur les méthodes de travail, ou sur la gestion du stress, ou les deux, on ne sait pas trop. On a 3 ou 4 jours disponibles avant décembre, en intercalaire de la formation. Pouvez-vous faire quelque chose ? »

— Coordinatrice pédagogique, entretien sur site
Structure
Organisme de formation privé, 30 salariés, certifié Qualiopi
Référente opérationnelle
Coordinatrice pédagogique, responsable de la promotion. Formée à la pédagogie des adultes mais pas à l'orthopédagogie.
Qui paie
L'organisme de formation lui-même (prestation externe intégrée au parcours). Budget : 3 000€ HT pour la prestation complète.
Qui décide
Direction pédagogique (validation formelle la gérante de l'organisme)
Relation avec l'intervenant
Suite à une formation que vous avez animée en 2024 auprès d'une autre promo sur un autre sujet — ils vous rappellent.

Le groupe — 18 stagiaires en reconversion (25 à 54 ans)

  • Sophie, 42 ans — ex-aide-soignante, reconversion imposée suite à une maladie de dos. 3 enfants dont un en situation de handicap. Horaires domestiques contraints. Motivée mais épuisée.
  • Mehdi, 34 ans — ex-cadre commercial, en reconversion volontaire « perte de sens ». Très bon niveau, n'a aucune difficulté académique mais s'ennuie en groupe.
  • Carole, 51 ans — ex-secrétaire, licenciée économique. N'a pas étudié depuis 30 ans. Grosses difficultés à l'écrit. Très angoissée à l'idée des examens.
  • Thomas, 28 ans — a arrêté ses études à 17 ans, a fait divers petits boulots. Ne croit pas qu'il va « y arriver ». Ressources financières précaires.
  • Naïma, 45 ans — ex-responsable RH, en reconversion après burn-out. Médecin a validé sa reprise mais elle reste fragile. Traitement en cours.
  • Kévin, 25 ans — profil le plus jeune, sorti d'un BTS avec échec à l'examen. Impatient, a déjà abandonné une formation en 2022.
  • Aïcha, 38 ans — en reprise d'études après un congé parental long. Très organisée mais anxieuse sur son propre niveau.
  • Jean-Pierre, 54 ans — ex-ouvrier du bâtiment, inaptitude médicale. Ne maîtrise pas l'outil informatique. Sentiment d'infériorité rapport aux plus jeunes.
  • Les 10 autres stagiaires présentent une diversité équivalente : profils d'âges 28 à 50, mix de reconversions subies et choisies, hétérogénéité forte du niveau initial, tous scolarisés au moins jusqu'au Bac.
Ce que la coordinatrice a observé : « Ils passent entre 6 et 10h jour à étudier, ils n'ont plus de soirées, certains dorment 5h nuit. Ils rendent des devoirs de plus en plus bâclés. Ils commencent à dire "je ne m'en sors pas" alors qu'ils ont seulement 3 mois de formation derrière eux. Il reste 7 mois. »
Lieu
Salle de l'organisme (30 places, tables modulables, vidéoprojecteur, paperboard). Accessible PMR.
Effectif
18 stagiaires (tous concernés, participation rendue obligatoire l'organisme)
Temps disponible
3 journées complètes + 1 demi-journée de suivi (possibilité d'étaler sur 4 journées)
Nombre de séances
À organiser comme vous le souhaitez dans l'enveloppe-temps
Période
De début novembre à mi-décembre (avant la coupure de fin d'année)
Matériel fourni
Tout équipement bureautique disponible. Budget matériel séparé si besoin.
Présence adulte extérieur
La coordinatrice souhaite être présente sur les temps pleniers (introduction / clôture).
Octobre Premier contact — échanges mail
Fin octobre Entretien en présentiel — commande précisée
Début novembre Démarrage souhaité
Mi-décembre Fin d'intervention avant la coupure — restitution prévue
Janvier Éventuel suivi à froid (modalité à définir)
  • « Qu'ils repartent avec des outils concrets d'organisation et de gestion de leur énergie »
  • « Qu'on évite 2 ou 3 abandons, idéalement zéro »
  • « Qu'ils retrouvent un minimum de sérénité pour la suite du parcours »
  • « Un retour en direction pédagogique en fin d'intervention »
  • « Éventuellement, intervention similaire à intégrer dans les promos suivantes »
  • La coordinatrice a évoqué que certains stagiaires pourraient bénéficier de soutiens individuels en plus (qu'elle n'a pas le budget de financer à l'organisme)
  • Le programme de formation est dense et la coordinatrice reconnaît qu'il a été légèrement sous-estimé cette année
  • Un formateur mathématiques a été jugé « trop exigeant » les stagiaires, sujet de tensions
  • La coordinatrice demande que votre intervention ne remette pas en cause le contenu pédagogique de la formation — « on travaille sur eux, pas sur nous »
  • Trois stagiaires sont dans le périmètre des financements Pôle Emploi, les autres en CPF de transition professionnelle

Cas D — Résidence autonomie, atelier « mémoire »

Demande d'ateliers séniors sur la mémoire et le quotidien

Résidence autonomie gérée un CCAS de commune moyenne (12 000 habitants). 48 logements, résidents autonomes âgés de 62 à 89 ans. L'établissement dispose d'une salle d'activités collectives et d'un animateur coordinateur à mi-temps.

Dans le cadre de la politique locale du « bien-vieillir », le CCAS finance depuis 2 ans des activités collectives pour prévenir l'isolement cognitif et social. Suite à un sondage interne, la « mémoire » est apparue comme la préoccupation n°1 des résidents — devant l'équilibre et le numérique.

« Nos résidents nous demandent depuis un moment des ateliers mémoire. On a déjà proposé des gymnastiques cérébrales avec des fiches de jeux, mais les retours sont mitigés — ils disent que "ça ne leur sert pas vraiment". Nous voudrions quelque chose de plus structuré, plus pratique, sur 6 séances. Qu'ils puissent repartir avec des trucs vraiment utiles pour le quotidien. On a une dizaine de résidents volontaires. Budget : 2 200€. Intervention sur janvier-février si possible. »

— Animatrice coordinatrice de la résidence, mail puis entretien téléphonique
Structure
Résidence autonomie gérée CCAS
Référente opérationnelle
Animatrice coordinatrice (mi-temps, profil BPJEPS Animation Sociale)
Qui paie
Budget CCAS dédié au bien-vieillir. 2 200€ TTC, tout compris.
Qui décide
Directrice de la résidence + validation du service CCAS de la commune
Relation avec l'intervenant
Recommandation d'une collègue psychomotricienne qui est intervenue l'an dernier sur l'équilibre.

Le groupe — 10 résidents volontaires (65 à 84 ans)

  • Madame L., 78 ans — ancienne institutrice. Très cultivée, s'exprime bien. Se plaint de « chercher ses mots ». Autonome, marche beaucoup. Très moteur dans le groupe.
  • Monsieur D., 82 ans — ancien artisan boulanger. Moins à l'aise avec l'écrit. Mémoire des visages fragile depuis 6 mois (« je ne reconnais plus les gens »). Appareillé auditif.
  • Madame B., 75 ans — veuve depuis 2 ans, moral fluctuant. Oublis de rendez-vous qui l'inquiètent énormément. Consulte un médecin pour « vérifier ».
  • Monsieur R., 68 ans — jeune retraité, ingénieur. Très critique des activités « infantilisantes ». Recherche du contenu intellectuel solide. « Ne venez pas me faire faire du coloriage. »
  • Madame T., 84 ans — la plus âgée. Mobilité réduite. Très socialement active. Mémoire à long terme intacte, mémoire à court terme plus fragile.
  • Monsieur M., 71 ans — veuf récent (6 mois). Manifeste des signes de dépression. Vient pour « voir du monde ». Écoute plus qu'il ne parle.
  • Madame G., 80 ans — ancienne commerçante. Grande extravertie, parle beaucoup, parfois hors sujet. Souvent considérée comme « fatigante » les autres résidents.
  • Monsieur F., 76 ans — ancien cadre public. Très réservé. Lecteur assidu. Profil « bon élève », prend des notes.
  • Madame N., 72 ans — ex-infirmière. Très pragmatique. Cherche des stratégies concrètes. Anime parfois un club de lecture dans la résidence.
  • Monsieur H., 65 ans — le plus jeune. Retraité pour raisons de santé (AVC léger il y a 3 ans). Léger déficit de langage résiduel. Volontaire et courageux.
Ce que l'animatrice coordinatrice a précisé : « On a demandé aux résidents de bien s'inscrire, pas hasard. Ceux qui viennent sont motivés. Il y a de l'attente. Attention, Madame B. et Monsieur M. sont fragiles, à ne pas brusquer. Madame G. peut être envahissante. Monsieur R. peut être cassant. »
Lieu
Salle d'activités de la résidence. 15 places, tables rondes, fauteuils confortables, bonne acoustique, éclairage naturel. Accessible.
Effectif
10 résidents volontaires (possibilité de 1 à 2 ajouts en cours si pertinent)
Temps disponible
Séances de 1h30, une semaine, de préférence en matinée (10h-11h30)
Nombre de séances
6 séances demandées
Période
Janvier à début mars (vacances scolaires à éviter car les petits-enfants rendent visite)
Matériel fourni
Papeterie, impressions en gros caractères, tableau. Pas de tablettes disponibles pour les résidents. Budget matériel séparé de 200€.
Présence adulte extérieur
L'animatrice coordinatrice sera présente sur toutes les séances, rôle de soutien.
Début décembre Premier contact mail
Mi-décembre Entretien téléphonique — précision de la commande
Début janvier Rencontre sur site avec l'animatrice + directrice
Mi-janvier Démarrage des séances
Début mars Fin de l'intervention, restitution en CA du CCAS
  • « Qu'ils repartent avec des stratégies mobilisables au quotidien »
  • « Qu'ils sortent rassurés — beaucoup vivent mal leurs oublis »
  • « Qu'on crée du lien social au passage »
  • « Un retour en CA du CCAS (10 minutes) avec un petit diaporama »
  • « Si ça marche, reconduite l'an prochain sur un autre thème »
  • L'animatrice coordinatrice s'est formée en gérontologie il y a 10 ans mais n'a pas actualisé ses connaissances. Demande explicitement « d'apprendre en vous regardant ».
  • Deux résidents sont sur liste d'attente d'un EHPAD plus médicalisé — leur participation à ce groupe est un marqueur suivi le CCAS
  • La directrice souhaite que l'atelier NE SOIT PAS présenté comme un « dépistage de troubles cognitifs » — risque de stigmatisation et de refus de participation
  • Budget matériel possible pour fabriquer des supports personnalisés (cartes plastifiées, carnets, etc.)
  • L'animatrice demande si vous pourriez animer en janvier 2027 un atelier « équilibre mental » — ce cas peut ouvrir sur une relation durable