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L'orthopédagogie en pratique
43 / 75
Imagination
« Dans ma tête, je peux créer ce qui n'est pas encore là. »
À qui s'adresse cette fiche ?
🧒
Enfant
6 – 10 ans
🧑
Ado / Adulte
11 ans et +
🧒
Mode Enfant — langage simplifié, exemples concrets, illustrations
Observer
Ce qui se passe dans ta tête
🎬
🧠 Ton cerveau fait bien plus que des images !
🧠 L'imagination — un espace intérieur à plusieurs canaux
Quand tu imagines quelque chose, ça peut ressembler à plein de choses différentes : tu vois une scène, tu entends une voix ou de la musique, tu ressens quelque chose dans ton corps, ou tu te parles dans ta tête. Tout ça, c'est ton imagination — pas seulement les images !
L'imagination désigne la capacité à former, transformer et manipuler des représentations mentales internes. Ces évocations ne sont pas uniquement visuelles : elles peuvent être auditives (voix, sons, rythmes), kinesthésiques (sensations, mouvements), verbales (dialogue intérieur, mots-clés) ou émotionnelles (atmosphère, ressenti associé). L'imagination opère d'abord sur un plan interne — elle se distingue de la créativité qui produit quelque chose d'observable.
🎬 Imagination
Ce qui se passe dans ma tête — les images, sons, sensations, voix intérieures.
Représentations internes multi-modales : visuel, auditif, kinesthésique, verbal, émotionnel. Processus invisible.
🎨 Créativité
Ce que je produis et que tout le monde peut voir — mon dessin, mon histoire, ma solution.
Production observable de quelque chose de nouveau. L'imagination l'alimente, mais les deux sont indépendantes.
Comment est-ce que j'imagine ? — clique sur tout ce qui te ressemble
Mes modalités d'évocation dominantes — lesquelles sont actives chez moi ?
Quand tu dois te rappeler quelque chose, résoudre un problème ou comprendre une idée complexe, qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?
👁️
Images — je vois
Tu te fais des films, tu vois des couleurs, des scènes, des personnages dans ta tête. Comme un écran intérieur.
Évocations visuelles : scènes, schémas, lieux, visages, couleurs. Capacité à manipuler ces images (zoomer, changer de point de vue).
🎧
Sons — j'entends
Tu ré-entends une voix, de la musique, un bruit. Ou tu imagines comment quelque chose sonnerait. Ta tête a un volume.
Évocations auditives : voix intérieure pour mémoriser, réentendre une explication, associer un mot à un rythme ou une mélodie.
🤲
Sensations — je ressens
Tu ressens quelque chose dans ton corps quand tu imagines — une texture, un mouvement, une position. Comme si tu le vivais vraiment.
Évocations kinesthésiques et proprioceptives : geste simulé mentalement, sensation de mouvement, posture, température, textures.
💬
Mots — je me parle
Tu te racontes des histoires dans ta tête, tu te poses des questions, tu répètes des mots pour t'en souvenir. Ta tête a une petite voix.
Dialogue intérieur, répétition verbale, formulation mentale d'idées. Certains apprennent en se "récitant" mentalement plutôt qu'en visualisant.
💙
Atmosphère — je ressens une ambiance
Tu n'as pas vraiment d'image claire, mais tu ressens l'ambiance — quelque chose de doux, d'inquiétant, de joyeux. C'est flou mais tu le sens.
Évocations émotionnelles ou atmosphériques : tonalité affective d'une situation, "feeling" global sans image précise. Souvent sous-estimées mais efficaces pour l'ancrage mémoriel.
Et la qualité de mes évocations — elles sont plutôt…
🌟 Nettes et stables
🔍 Détaillées
🌫️ Floues mais présentes
⚡ Fugaces, ça disparaît vite
❓ Difficile à dire — c'est flou
🚫 Quasi absentes
Évaluer
Atelier — entraîne ton cinéma intérieur
Atelier — explorer et enrichir ses évocations
Trois situations d'apprentissage. Dans chacune, tu vas observer ce qui se passe dans ta tête (images, sons, sensations, mots…), enrichir ce qui manque, puis utiliser tes évocations pour mieux comprendre.
Trois contextes d'apprentissage pour explorer ses évocations. Pour chacun, travailler en trois temps : observer ce qui est présent, l'enrichir dans toutes les modalités disponibles, puis le mobiliser comme levier de compréhension ou de mémorisation.
Atelier 1 — Évocations et lecture
📖 Lis ou écoute — puis pause !
📖 Représentation interne d'un texte
Prends un texte que tu lis ou qu'on te lit. Après quelques phrases, ferme les yeux 10 secondes. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?
Après avoir lu un passage, suspendre la lecture et observer ce qui est présent dans l'espace intérieur — toutes modalités confondues.
1
Observer — qu'est-ce qui s'est formé dans ta tête ?
Tu vois quoi ? Des personnages ? Un lieu ? Des couleurs ?
Tu entends quoi ? Une voix, des sons, de la musique ?
Tu ressens quoi ? Une ambiance, une émotion, une sensation ?
Tu entends quoi ? Une voix, des sons, de la musique ?
Tu ressens quoi ? Une ambiance, une émotion, une sensation ?
Quelles modalités sont actives ? Visuel (scènes, espace), auditif (voix, sons), kinesthésique (sensations, posture), verbal (mots-clés, dialogue intérieur), émotionnel (atmosphère) ?
Quelle est la richesse et la stabilité de l'évocation ?
Quelle est la richesse et la stabilité de l'évocation ?
Ce qui se passe dans ma tête…
2
Enrichir — activer d'autres canaux
Si tu as surtout des images : qu'est-ce qu'on entendrait dans cette scène ? Quelle ambiance tu ressentirais si tu y étais vraiment ?
Si tu n'as pas d'images : essaie de te raconter la scène avec des mots dans ta tête — ou de la "sentir" sans la voir.
Si tu n'as pas d'images : essaie de te raconter la scène avec des mots dans ta tête — ou de la "sentir" sans la voir.
Ajouter une modalité manquante : si l'évocation est principalement visuelle, tenter d'y associer une dimension auditive ou kinesthésique. Si elle est verbale, tenter d'y ajouter une image ou une sensation corporelle.
Ce que j'ajoute…
3
Utiliser — s'appuyer sur l'évocation pour comprendre
Maintenant que tu as ton film / tes sons / ton ambiance dans la tête : est-ce que tu comprends mieux ce que tu as lu ? Est-ce que tu pourrais le raconter à quelqu'un ?
Vérifier la compréhension via l'évocation : peut-on raconter, expliquer ou anticiper la suite à partir de la représentation interne ? Qu'est-ce qui reste flou — et pourquoi ?
Ce que je comprends mieux grâce à ça…
Atelier 2 — Évocations et résolution de problème
🔢 Un problème — avant de calculer, imagine !
🔢 Représentation d'une situation abstraite
Prends un problème (maths, logique, vie pratique…). Avant d'écrire quoi que ce soit, ferme les yeux et essaie de te représenter la situation dans ta tête.
Face à un problème complexe ou abstrait, construire d'abord une représentation interne avant tout traitement algorithmique.
1
Observer — est-ce que la situation existe dans ta tête ?
Est-ce que tu vois la situation ? Les objets, les personnages, les quantités ?
Est-ce que tu l'entends ou tu te la racontes ? Comme une histoire ?
Est-ce que tu la ressens ? Comme si tu y étais ?
Est-ce que tu l'entends ou tu te la racontes ? Comme une histoire ?
Est-ce que tu la ressens ? Comme si tu y étais ?
Quelle est la nature de la représentation ? Schématique/spatiale (visuelle) ? Narrative (verbale) ? Simulée dans le corps (kinesthésique) ? Intuition globale (émotionnelle) ?
Y a-t-il une représentation — ou est-ce directement un traitement procédural sans image ?
Y a-t-il une représentation — ou est-ce directement un traitement procédural sans image ?
Ce qui se passe dans ma tête…
2
Enrichir — rendre la situation plus concrète
Si tu n'as rien dans la tête : essaie de dessiner la situation dans ta tête, ou de la raconter comme une petite histoire.
Si tu as une image : essaie de l'animer — que se passe-t-il ? Qui fait quoi ?
Si tu as une image : essaie de l'animer — que se passe-t-il ? Qui fait quoi ?
Enrichir la représentation : ajouter une modalité absente (schéma mental si représentation verbale, mise en mouvement si schéma statique). L'objectif est de rendre la situation suffisamment concrète pour la manipuler mentalement.
Ce que j'ajoute à ma représentation…
3
Utiliser — résoudre en s'appuyant sur l'évocation
Est-ce que maintenant tu comprends mieux ce qu'on te demande ? Est-ce que tu pourrais expliquer le problème à quelqu'un sans regarder l'énoncé ?
Vérifier que la représentation permet la résolution : peut-on simuler mentalement ce qui se passe ? La solution émerge-t-elle de la représentation — ou faut-il aller chercher une procédure externe ?
Ce que ça change dans ma façon de comprendre le problème…
Atelier 3 — Évocations et anticipation
🔭 Avant une tâche difficile — fais le film d'abord !
🔭 Anticipation et préparation mentale
Avant de faire quelque chose de difficile (exposé, devoir, activité nouvelle…), ferme les yeux 30 secondes et imagine comment ça va se passer.
Avant une tâche complexe, construire une représentation anticipatoire complète — pas uniquement visuelle — pour réduire le coût cognitif lors de l'exécution.
1
Observer — ce que tu imagines de cette tâche
Quand tu penses à cette tâche, qu'est-ce que tu vois, entends, ressens ? Est-ce que c'est plutôt agréable ou stressant dans ta tête ?
Quelles évocations se forment spontanément ? Y a-t-il une image, un son, une sensation, une émotion associée ? L'évocation est-elle partielle, anxiogène, absente ? Que révèle-t-elle sur le rapport à la tâche ?
Quand j'y pense, dans ma tête…
2
Enrichir — se faire le film complet, y compris les moments difficiles
Essaie d'imaginer la tâche du début à la fin : comment tu commences, ce qui va être dur, comment tu passes ce moment difficile, et comment tu te sens quand tu as fini. Ajoute tout ce que tu peux — images, sons, sensations.
Construire une représentation anticipatoire complète : séquence des étapes, points de friction probables, ressources mobilisables, état émotionnel anticipé à chaque étape. Ne pas s'arrêter aux obstacles — aller jusqu'à la fin, y compris l'état post-tâche.
Mon film de la tâche…
3
Utiliser — est-ce que tu te sens plus prêt·e ?
Est-ce que te faire le film t'a aidé à te sentir plus calme ou plus prêt·e ? Qu'est-ce que tu as compris sur ce qui va être facile ou difficile ?
Vérifier l'impact de la préparation mentale : l'évocation anticipatoire réduit-elle l'anxiété ? Identifie-t-elle des ressources disponibles ? Met-elle en évidence des obstacles à préparer concrètement ?
Ce que ça change…
Réagir
Mon cinéma intérieur — ma boîte à outils
Mobiliser ses évocations — stratégies différenciées
🎬
Mon cinéma intérieur — 3 situations, 3 stratégies
Mes stratégies d'évocation — adaptées à chaque contexte
Quand je lis ou qu'on m'explique quelque chose…
En compréhension (texte, cours, explication)…
Tu peux voir, entendre, ressentir — toutes les façons d'imaginer comptent !
Ex : pause de 10s après chaque paragraphe, activation de la modalité dominante, puis enrichissement un second canal.
Quand je dois résoudre un problème…
Face à une situation abstraite ou difficile…
Avant de calculer ou d'écrire, essaie de voir / raconter / ressentir le problème dans ta tête.
Ex : construction d'une représentation spatiale, simulation mentale, narration de la situation avant traitement algorithmique.
Avant une tâche difficile…
En préparation / anticipation d'une tâche complexe…
Fais le film du début à la fin — même les moments durs — et tu te sentiras plus prêt·e !
Ex : représentation anticipatoire complète, intégrant les points de friction et les ressources disponibles.
🧠 Il n'y a pas une seule bonne façon d'imaginer !
🧠 La richesse des évocations — un outil à cultiver
Certains voient des images très nettes, d'autres entendent surtout des voix, d'autres encore ressentent des choses dans leur corps. Tout ça c'est de l'imagination — et tout ça aide à apprendre. Plus tu combines plusieurs façons d'imaginer, plus c'est puissant. L'imagination ça se muscle !
Les évocations ne sont pas uniquement visuelles — et la richesse d'une représentation tient souvent à la combinaison de plusieurs modalités. Enrichir ses évocations, c'est augmenter la stabilité et l'accessibilité des représentations en mémoire. Il s'agit moins de visualiser "mieux" que de mobiliser plus de canaux disponibles.
✨
Ma synthèse — évocations et apprentissage
🎬
Ce que j'ai compris
Mon imagination ne se limite pas aux images — j'ai plusieurs façons d'évoquer les choses (voir, entendre, ressentir, me parler). Plus j'en utilise en même temps, plus ça m'aide à comprendre et à retenir.
Les évocations internes sont multi-modales. Leur richesse et leur combinaison conditionnent la qualité de la compréhension, de la mémorisation et du transfert. Ce n'est pas un talent — c'est une compétence qui se développe.
💡
Ma modalité dominante
🎯
Ce que je vais essayer dès ma prochaine tâche
Stratégie d'évocation à tester
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Mon engagement — ce que je vais changer dès maintenant
Mon engagement
Piège à éviter
Réduire l'imagination à un talent artistique ou aux seules images visuelles ! L'imagination est un outil cognitif essentiel — et elle ne passe pas uniquement la vision. Certains apprennent mieux en s'entendant, en ressentant, en se racontant. Ne pas voir d'images mentales ne signifie pas manquer d'imagination : ça signifie utiliser d'autres canaux.
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L'orthopédagogie en pratique — N. Courtais
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