Un jeu à la loupe
Projet 1 jeu à la loupe – Jour 13…
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Noémie COURTAIS
présomption de compétences
Projet 1 jeu à la loupe – Jour 13 | Dodo
compréhension de consignes
compréhension de consignes
Dodo : coopérer quand le temps ne laisse pas le droit à l’erreur
Dans la vie réelle, on coopère rarement dans des conditions idéales.
À l’école, les projets collectifs avancent sous contrainte de temps.
Au travail, les décisions doivent être prises rapidement, parfois sans avoir toutes les informations.
Dans le quotidien, l’erreur individuelle a souvent des conséquences collectives.
C’est précisément dans ces contextes que DODO devient un jeu particulièrement intéressant.
Non pas parce qu’il apprendrait à “mieux coopérer” magie,
mais parce qu’il met en scène ce qui se passe quand il faut agir ensemble… alors que le temps presse.
Quand l’urgence devient collective
Dans DODO, le temps est un adversaire permanent.
L’œuf glisse inexorablement, et chaque tour compte.
Le joueur n’agit jamais seul :
chaque action individuelle a un impact direct sur le groupe,
chaque erreur retarde tout le monde,
chaque réussite bénéficie à tous.
Cette dynamique est très proche de nombreuses situations réelles :
travaux de groupe avec échéance,
projets collectifs évalués individuellement,
situations professionnelles où une erreur isolée affecte l’ensemble,
contextes où il faut “faire vite ensemble”.
Le jeu ne crée pas artificiellement l’urgence.
Il reproduit une pression temporelle collective, familière à beaucoup.
Gérer l’erreur quand elle n’est pas individuelle
Dans DODO, l’erreur n’est jamais “personnelle”.
Elle est immédiatement visible et partagée.
Cette caractéristique est essentielle, car elle met en lumière des réactions très contrastées :
certains joueurs se culpabilisent excessivement,
d’autres se désengagent pour ne plus “faire d’erreur”,
certains accélèrent pour compenser,
d’autres cherchent à reprendre le contrôle.
Ces réactions sont fréquentes :
chez des élèves en travail de groupe,
chez des professionnels confrontés à des projets collectifs,
dans toute situation où la responsabilité est partagée.
Le jeu permet alors d’ouvrir une question centrale :
Comment je réagis quand mon erreur impacte les autres ?
Coordonner sans tout contrôler
DODO oblige à coopérer, même s’il n’y a ni chef, ni stratégie parfaitement définie à l’avance.
Les joueurs doivent :
partager des informations partielles,
écouter les autres,
ajuster leurs actions en temps réel,
accepter de ne pas tout maîtriser.
On observe alors :
des joueurs qui parlent beaucoup, parfois trop,
d’autres qui agissent sans communiquer,
certains qui attendent des consignes,
d’autres qui prennent des initiatives risquées.
Ces profils sont très proches de ceux observés dans les situations de coopération réelle.
Rester engagé malgré la pression
À mesure que l’œuf se rapproche du bord, la tension monte.
La fatigue apparaît.
Certains joueurs décrochent. D’autres s’agitent. Certains maintiennent un engagement stable.
Cette capacité à rester engagé sous pression est essentielle :
lors d’évaluations collectives,
dans des projets à échéance serrée,
dans des contextes où le stress est partagé.
Le jeu rend visibles :
les décrochages liés au stress,
les sur-engagements épuisants,
les stratégies de régulation efficaces.
Quand la coopération devient un objet de réflexion
Dans DODO, la réussite ne dépend pas seulement de “bien jouer”.
Elle dépend de la qualité de la coopération.
Observer le jeu permet de questionner :
la circulation de l’information,
la répartition implicite des rôles,
la gestion des tensions,
la manière dont le groupe se régule.
Ces dimensions sont rarement explicitées dans les situations réelles, alors qu’elles sont déterminantes.
Du jeu à l’apprentissage : penser le collectif
DODO ne sert pas à entraîner la coopération répétition.
Il sert à la rendre visible, discutable et analysable.
Quand on prend le temps, après la partie, de mettre des mots sur :
ce qui a aidé le groupe,
ce qui a freiné,
ce qui a généré du stress,
ce qui a permis de se réguler,
alors le jeu devient un excellent support métacognitif.
Il permet de faire des liens explicites avec :
le travail de groupe à l’école,
les projets collectifs,
la gestion du stress partagé,
la responsabilité commune.
Pourquoi DODO est un excellent point de départ
DODO est un excellent support parce qu’il :
met la coopération au centre de l’action,
rend le stress collectif visible,
expose la gestion de l’erreur partagée,
crée une expérience commune facilement verbalisable.
Il offre un terrain sécurisé pour explorer des questions essentielles :
Comment je coopère sous pression ?
Qu’est-ce que je fais quand le groupe est en difficulté ?
Comment je régule mes émotions pour ne pas désorganiser le collectif ?
Comment pourrais-je transférer ces stratégies ailleurs que dans le jeu ?




